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L'envers du décor, cas 5 sur 6 : L'expérience

Seule face à un acquéreur qui en fait vingt par an.

Le prix affiché était de 11 M€. Entre l'ajustement au closing et la garantie de passif, Catherine en a touché 9,4.

Opération confidentielle

Projet Solo

Distribution de fournitures industrielles, Alsace

a été cédée à

un groupe coté

Conseil du cédant : aucun

1,6 M€ perdus en route

Cas composite. Noms, lieux et chiffres modifiés.

Le récit

Secteur
Distribution de fournitures industrielles
Taille
30 M€ de CA, 70 salariés
Acquéreur
Groupe coté, acquéreur en série
Prix affiché
11,0 M€
Issue
9,4 M€ nets de litiges

Catherine reçoit une approche directe d'un groupe coté qui réalise une vingtaine d'acquisitions par an. Flattée et soucieuse de discrétion, elle décide de négocier seule : ils ont l'air corrects, et elle ne voit pas l'intérêt de payer un conseil pour un acheteur déjà trouvé.

Le prix proposé est bon : 11 M€. Elle signe la lettre d'intention sans s'arrêter sur le mécanisme de prix. Celui-ci sera ajusté sur des comptes de clôture, par rapport à un BFR de référence calculé par l'acheteur sur une période de basse activité. Au closing, l'ajustement lui coûte 900 k€.

La garantie d'actif et de passif court sur cinq ans. Le plafond est élevé, le seuil de déclenchement dérisoire. Catherine l'a acceptée parce que les avocats de l'acheteur lui ont assuré que c'était le standard du marché.

Deux ans plus tard, un redressement URSSAF portant sur une période antérieure à la cession est appelé en garantie : 700 k€. Au total, Catherine aura touché 9,4 M€. L'acheteur, lui, a simplement appliqué avec méthode ce qu'il fait vingt fois par an.

Journal de l'opération

  1. JanvierApproche directe d'un groupe coté. Catherine décide de négocier seule.
  2. MarsLettre d'intention, sans aucune concurrence.Prix abandonné : 11,0 M€
  3. JuinProtocole signé : comptes de clôture, BFR de référence fixé par l'acheteur, garantie sur cinq ans.
  4. SeptembreClosing. Ajustement de prix lié au BFR.Prix abandonné : 10,1 M€
  5. Deux ans plus tardUn redressement URSSAF antérieur à la cession est appelé en garantie.Issue finale : 9,4 M€

Ce qui a manqué

L'acheteur avait fait vingt opérations. Elle en faisait une.

Le chiffre d'une lettre d'intention n'est pas un prix, c'est un point de départ. Le prix réel se joue dans le mécanisme d'ajustement, le BFR de référence et les limites de la garantie. Sans tension concurrentielle ni lecture experte, Catherine a négocié le chiffre et laissé l'acheteur écrire tout le reste.

Ajustement de prix et garantie d'actif et de passif : où se joue le prix réel

Le prix inscrit dans la lettre d'intention est rarement celui que le vendeur encaisse. Entre les deux interviennent le mécanisme de prix et la garantie d'actif et de passif.

Avec un mécanisme de comptes de clôture, le prix est ajusté au closing selon la dette nette et l'écart entre le BFR constaté et un BFR de référence. Le choix de ce BFR de référence peut à lui seul déplacer le prix de plusieurs centaines de milliers d'euros. Le mécanisme de locked box, à l'inverse, fige le prix sur un bilan de référence antérieur à la signature.

La garantie d'actif et de passif couvre l'acquéreur contre les passifs antérieurs à la cession qui se révèlent après. Sa durée, son plafond, sa franchise et son seuil de déclenchement se négocient, et déterminent le risque que le vendeur conserve après avoir vendu.

Ce que Titanium aurait fait

Rien de ce qui a fait dérailler cette opération n'était imprévisible. Voici comment nous l'aurions préparée, en partant de la date de cession visée.

  1. Dès l'approche

    Créer la concurrence

    Même quand un acquéreur s'est présenté spontanément, nous en sollicitons d'autres. Une offre sans alternative n'a pas de prix.

  2. À la lettre d'intention

    Négocier le mécanisme

    Locked box ou comptes de clôture, BFR de référence, dette nette : le prix se fixe dans la formule, pas dans le chiffre.

  3. Au protocole

    Borner la garantie

    Plafond, franchise, seuil et durée négociés au regard du profil de risque réel de l'entreprise.

  4. Tout au long

    Jouer les fusibles

    Nous portons les points durs. Le dirigeant ne dit jamais non lui-même et préserve sa relation avec son futur actionnaire.

Pour aller plus loin

Votre cession n'a pas vocation à devenir un cas d'école.

Un premier échange confidentiel suffit pour repérer ce qui pèsera sur votre prix et le temps qu'il faut pour le traiter.

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