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Multiple d'EBITDA par secteur : combien vaut une PME en 2026 ?

Les fourchettes de multiples d'EBITDA observées sur les PME françaises, secteur par secteur, et ce qui place une entreprise en bas ou en haut de sa fourchette.

Par Laurent Blaizac, Co-fondateur & Managing Partner · 4 min de lecture

« Ma boîte vaut combien ? » Presque toujours, la réponse tient en une multiplication : un EBITDA normatif multiplié par un coefficient. Ce coefficient, le multiple, est la variable que tout le monde discute et que peu de dirigeants connaissent vraiment pour leur secteur. Voici les fourchettes que nous observons sur les PME françaises, et surtout ce qui fait qu'une entreprise se place en bas ou en haut de la sienne.

De quoi parle-t-on

Le multiple s'applique à l'EBITDA normatif, c'est-à-dire le résultat d'exploitation avant amortissements, retraité de la rémunération du dirigeant, des charges non récurrentes et des transactions hors marché. Appliqué à un EBITDA comptable brut, le même multiple donne un chiffre faux. Le détail des retraitements est dans notre article sur la normalisation de l'EBITDA.

Les fourchettes par secteur

Les multiples ci-dessous correspondent à des PME réalisant entre 2 et 50 millions d'euros de chiffre d'affaires. Ils sont issus des transactions que nous observons et des indices de référence du marché des PME non cotées. Ce sont les fourchettes que notre outil d'estimation utilise comme point de départ.

| Secteur | Multiple d'EBITDA | |---|---| | Tech, logiciel, SaaS | 7 à 12 × | | Santé, pharma, medtech | 6 à 10 × | | Services numériques | 5 à 8 × | | Éducation, formation | 5 à 8 × | | Environnement, énergie | 5 à 8 × | | Services aux entreprises | 4,5 à 7 × | | Agroalimentaire | 4,5 à 7 × | | Industrie manufacturière | 4 à 6,5 × | | Conseil, audit, expertise | 4 à 6,5 × | | Hôtellerie, restauration | 4 à 6,5 × | | Services immobiliers | 4 à 6,5 × | | Distribution spécialisée | 4 à 6 × | | Transport, logistique | 4 à 6 × | | Distribution alimentaire | 3,5 à 5,5 × | | BTP, construction | 3 à 5 × |

Deux lectures s'imposent. D'abord, l'écart entre secteurs est large : à EBITDA égal, une entreprise de logiciel vaut deux à trois fois une entreprise de construction. Ce n'est pas une injustice, c'est le prix de la récurrence des revenus, des marges et de la capacité à croître sans capital. Ensuite, l'écart à l'intérieur d'un même secteur est presque aussi large. Entre 4 et 6,5 fois l'EBITDA dans l'industrie, c'est 60 % de différence de prix. C'est là que se joue la préparation.

Ce qui déplace une entreprise dans sa fourchette

Les acquéreurs, qu'ils soient industriels ou financiers, raisonnent à partir du multiple sectoriel et l'ajustent selon cinq critères.

  • La taille : + 0,25 à + 0,5 au-delà de 10 M€ de chiffre d'affaires, + 0,5 à + 1 au-delà de 20 M€, − 0,5 en dessous de 3 M€.
  • La récurrence du chiffre d'affaires : + 0,5 à + 1 si elle est forte, − 0,5 si elle est faible.
  • La dépendance au dirigeant : jusqu'à − 1.
  • La concentration client : décote, parfois complément de prix conditionné.
  • La trajectoire : trois exercices réguliers placent en haut de fourchette.

Ces cinq critères, et ce que vous pouvez faire sur chacun, sont détaillés dans les sept facteurs du prix de vente.

Ce que le multiple ne dit pas

Le multiple donne une valeur d'entreprise. Ce que vous encaissez est la valeur des titres : la valeur d'entreprise moins la dette nette, c'est-à-dire les emprunts diminués de la trésorerie, avec un ajustement sur le besoin en fonds de roulement. Deux entreprises au même multiple et au même EBITDA peuvent laisser au cédant des montants très différents selon leur endettement.

Un exemple chiffré

Prenons une PME industrielle de 12 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec un EBITDA normatif de 1,4 million. Fourchette sectorielle : 4 à 6,5 fois. Prime de taille au-dessus de 10 millions : + 0,25 à + 0,5. L'entreprise a des contrats-cadres récurrents avec ses principaux clients : + 0,5 à + 1. Mais le dirigeant fondateur porte encore toute la relation commerciale : − 1 à − 0,5.

Fourchette ajustée : 3,75 à 7,5 fois, soit une valeur d'entreprise comprise entre 5,3 et 10,5 millions d'euros. L'écart entre les deux bornes est de 5 millions. Il tient pour l'essentiel à un seul facteur : la capacité de l'entreprise à fonctionner sans son dirigeant. Deux ans de travail sur ce point valent davantage que n'importe quelle négociation.

Multiple observé et multiple obtenu

Un multiple observé est une moyenne de transactions passées ; le vôtre dépendra du nombre d'acquéreurs à la table. Pourquoi et comment les mettre en concurrence : voir fonds ou industriel.

Pour situer votre entreprise, notre page sur la valorisation reprend les trois méthodes et les facteurs de prix.

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